Mentions obligatoires d’une facture : la checklist 2026
Une facture conforme doit permettre de comprendre qui facture, qui achète, ce qui a été fourni, comment le prix est calculé et quand le paiement est attendu. Copier un ancien modèle ne suffit pas : les mentions changent selon le client, la TVA, le secteur et le calendrier de la facturation électronique. Cette checklist vous aide à contrôler le document réellement envoyé.
1. Commencez par identifier le type de facture
Les informations attendues varient selon la situation. Une facture adressée à un particulier n’est pas identique à une facture B2B. Une entreprise en franchise en base de TVA n’utilise pas les mêmes mentions qu’une entreprise qui collecte la taxe. L’autoliquidation, l’éco-participation, une association agréée ou certaines garanties ajoutent encore des lignes spécifiques.
Avant de remplir le modèle, répondez à cinq questions : le client est-il particulier ou professionnel, l’opération concerne-t-elle un bien ou un service, la TVA est-elle applicable, un bon de commande existe-t-il et une règle métier particulière s’applique-t-elle ? Vous éviterez ainsi d’afficher une mention inexacte simplement parce qu’elle figurait sur la facture précédente.
Face à un particulier, la facture n’est pas toujours obligatoire. Pour une prestation de services, une note doit lui être remise dès que le prix dépasse 25 € TTC ; en dessous, seulement s’il la demande. Pour une vente de biens, elle n’est due qu’à sa demande, pour une vente à distance ou pour une livraison intracommunautaire exonérée. Entre professionnels, toute vente ou prestation doit être facturée, et un manquement aux règles de facturation expose à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (article L441-9 du Code de commerce).
2. Date, numéro et chronologie : les trois contrôles de base
Indiquez la date d’émission et attribuez un numéro unique suivant une séquence chronologique continue. Le système peut utiliser un préfixe par année ou par période si l’organisation le justifie, mais il ne doit pas produire deux factures portant le même numéro ni créer des trous sans explication. Modifier un PDF déjà envoyé pour réutiliser son numéro fragilise la piste d’audit.
Ajoutez aussi la date de la vente, de la livraison ou de la fin d’exécution de la prestation lorsqu’elle diffère de la date d’émission. Pour un acompte, identifiez clairement la nature du document et rattachez-le au devis ou à la commande. Pour corriger une facture, utilisez le processus adapté — facture rectificative ou avoir — au lieu d’effacer silencieusement l’original.
Votre logiciel doit empêcher les doublons, conserver l’historique et permettre d’exporter les pièces. Le guide pour choisir un logiciel devis-facture propose des critères de test concrets, notamment sur la numérotation, les sauvegardes et la réversibilité.
3. Identifiez précisément l’entreprise et le client
La facture doit comporter l’identité du vendeur ou prestataire : nom ou dénomination, adresse, numéro Siren et mentions correspondant à la forme de l’entreprise. Un entrepreneur individuel fait apparaître son nom accompagné de la mention « Entrepreneur individuel » ou « EI ». Une société précise notamment sa forme juridique, son capital social lorsqu’il doit apparaître et son immatriculation.
Côté client, indiquez son nom ou sa dénomination et son adresse de facturation. Si un professionnel vous a communiqué un numéro de bon de commande, reprenez-le. Le numéro de TVA intracommunautaire du vendeur et, dans certains cas, celui du client professionnel doivent aussi figurer. Ne déduisez jamais ces informations d’un nom approximatif : faites-les confirmer avant émission.
| Zone | À vérifier | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Entreprise | Nom, statut, adresse, Siren, registre | Ancienne adresse ou statut incomplet |
| Client | Nom légal et adresse de facturation | Nom commercial non confirmé |
| Commande | Référence demandée par le client | Bon de commande absent |
| TVA | Numéros et régime applicables | TVA copiée d’un autre dossier |
4. Rendez chaque ligne compréhensible et calculable
Décrivez la nature du produit ou de la prestation, la quantité, l’unité, le prix unitaire hors taxe, le taux de TVA applicable et les éventuelles remises. Pour des travaux, distinguez clairement les matériaux et la main-d’œuvre lorsque le cadre l’exige. Une ligne « prestation réalisée — 1 500 € » est difficile à contrôler, à rapprocher du devis et à défendre en cas de désaccord.
Présentez les sous-totaux, le total HT, la TVA par taux lorsque plusieurs taux coexistent, puis le total TTC. Vérifiez que les remises et frais annexes sont intégrés au bon endroit. Si un acompte a déjà été facturé, faites apparaître le rapprochement de façon intelligible afin que le solde demandé ne puisse pas être confondu avec le prix total.
Le détail doit correspondre à ce qui a réellement été livré. En cas d’évolution du périmètre, obtenez un accord et conservez la trace du changement. L’article sur le devis signé et ses modifications explique pourquoi un ajout oral ne devrait pas devenir une ligne surprise sur la facture finale.
5. Indiquez exactement quand et comment payer
Précisez la date à laquelle le règlement doit intervenir, les moyens de paiement acceptés et, si nécessaire, les coordonnées utiles. Entre professionnels, la facture indique aussi le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. La formulation doit être cohérente avec le devis et les CGV.
Évitez les mentions contradictoires comme « paiement comptant » à un endroit et « 30 jours » ailleurs. Utilisez une date d’échéance explicite plutôt qu’un calcul que le client doit refaire. Si vous accordez un escompte pour paiement anticipé, indiquez ses conditions ; sinon, écrivez « Escompte pour paiement anticipé : néant ».
Pour aligner délais, acompte, pénalités et relances, consultez le guide sur les conditions de paiement d’une TPE. Une facture claire ne remplace pas une relance, mais elle réduit les prétextes liés à une échéance ou un montant mal compris.
6. Ajoutez uniquement les mentions particulières qui vous concernent
Une entreprise bénéficiant de la franchise en base de TVA utilise la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » ; les seuils de 2026 sont rappelés dans le guide de la TVA du micro-entrepreneur et de ses factures. La recodification de la TVA dans le code des impositions sur les biens et services, applicable au 1er janvier 2027, changera cette référence : vérifiez alors la formulation officielle. Une opération en autoliquidation, une autofacturation ou certaines ventes de biens imposent d’autres indications. Les sous-traitants du BTP vérifient le régime du dossier, détaillé dans le guide de l’autoliquidation de la TVA en sous-traitance.
Selon l’activité, peuvent aussi s’ajouter des informations sur les garanties, l’assurance professionnelle, l’éco-participation ou la qualité d’artisan. Il n’est pas utile de recopier toutes les mentions possibles : une facture surchargée rend les données importantes moins visibles et augmente le risque de contradiction.
- Identifiez le régime fiscal de l’entreprise.
- Classez le client en B2C ou B2B.
- Vérifiez la nature exacte de l’opération.
- Appliquez les règles propres au métier.
- Conservez la justification du réglage utilisé.
7. Facture électronique : quatre mentions de plus en 2027
La facture électronique n’est pas un PDF envoyé par e-mail : c’est une facture au format structuré, transmise par une plateforme agréée. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France et assujettie à la TVA, franchise en base comprise, doit pouvoir en recevoir. L’émission est obligatoire depuis la même date pour les grandes entreprises et les ETI ; elle le sera à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.
Quatre mentions s’ajoutent aux factures selon le même calendrier : elles s’imposent déjà aux grandes entreprises et ETI, et s’imposeront aux PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. Complétez dès maintenant vos fiches clients et votre logiciel, sans attendre la première facture rejetée.
| Nouvelle mention | Quand l’indiquer |
|---|---|
| Numéro SIREN du client | Lorsque le client est une entreprise |
| Adresse de livraison des biens | Si elle diffère de l’adresse du client |
| Nature des opérations | Toujours : livraisons de biens, prestations de services ou les deux |
| « Option pour le paiement de la taxe d’après les débits » | Si le prestataire a choisi cette option, expliquée dans le guide de la TVA sur les encaissements ou les débits |
Le guide facturation électronique 2026-2027 détaille le calendrier, la différence entre réception et émission, ainsi que le plan de préparation. Pour choisir l’outil qui transmettra vos factures, comparez les plateformes agréées de facture électronique pour les TPE : statut officiel, prix et connexion à votre logiciel.
Une facture correcte doit aussi rester disponible pendant toute sa durée légale. La checklist sur la conservation des factures, devis et documents d’entreprise précise les principaux délais, leur point de départ et une méthode d’archivage fiable.
8. La checklist finale avant « Envoyer »
- le numéro est unique et suit la séquence prévue ;
- les dates d’émission et d’exécution sont exactes ;
- les identités et adresses correspondent au dossier ;
- la référence de commande est présente si elle existe ;
- chaque ligne décrit une prestation ou un produit réel ;
- quantités, remises, HT, TVA et TTC sont recalculés ;
- l’acompte éventuel est correctement rapproché ;
- l’échéance et les conditions de retard sont cohérentes ;
- les mentions fiscales et métier correspondent à l’opération ;
- le document est lisible sur mobile et archivé avec sa version.
Faites un contrôle mensuel sur quelques factures choisies au hasard. Il détectera les modèles périmés, les fiches clients incomplètes et les réglages modifiés sans validation. Une checklist simple, appliquée régulièrement, est plus fiable qu’une longue procédure que personne n’utilise.
Pour une opération transfrontalière, complétez cette checklist avec la méthode pour facturer un client étranger selon son pays, son statut et la nature de l’opération.
9. Les autres guides de la facturation et de l’encaissement
Cette checklist sert de point de départ. Chaque étape de la vie d’une facture a son guide détaillé.
- Avant la facture finale : la facture d’acompte, ses mentions, sa TVA et un modèle.
- Encaisser : quels moyens de paiement proposer à ses clients, demander un acompte en ligne : six outils comparés, le paiement en plusieurs fois en TPE, options et règles, choisir le bon terminal de paiement et savoir si une caisse enregistreuse est obligatoire.
- Après le paiement : la facture acquittée, mention qui prouve le paiement, ou, à défaut de règlement, les relances et la mise en demeure d’une facture impayée.
- Choisir son outil : les logiciels de facturation gratuits pour indépendants et le comparatif des logiciels de facturation pour auto-entrepreneurs.
La facturation n’est qu’un des chantiers administratifs d’une petite structure : le guide de l’organisation d’une petite entreprise les relie entre eux.
Sources officielles : Service Public Entreprendre — mentions obligatoires d’une facture (vérifié le 11 août 2026) ; Service Public Entreprendre — note ou facture remise à un particulier ; Code de commerce, article L441-9 ; Service Public Entreprendre — facturation électronique ; DGFiP — calendrier de la réforme. Consultées le 29 septembre 2026. Ministère de l’Économie — mentions obligatoires d’une facture ; DGCCRF — délais de paiement entre professionnels. Consultées le 1er août 2026. Faites confirmer les règles particulières liées à votre statut, votre TVA et votre activité.
Questions fréquentes
Quelles sont les nouvelles mentions obligatoires sur une facture ?
Le SIREN du client s’il s’agit d’une entreprise, l’adresse de livraison des biens si elle diffère de la sienne, la nature des opérations et, le cas échéant, « Option pour le paiement de la taxe d’après les débits ». Elles s’imposent depuis le 1er septembre 2026 aux grandes entreprises et ETI, et à partir du 1er septembre 2027 aux PME et micro-entreprises.
Faut-il faire une facture à un particulier ?
Pour une prestation de services, oui dès que le prix dépasse 25 € TTC, ou à sa demande. Pour une vente de biens, seulement s’il la demande, pour une vente à distance ou pour une livraison intracommunautaire exonérée.
Peut-on modifier le numéro d’une facture déjà envoyée ?
Ne remplacez pas silencieusement une facture émise. Utilisez le processus de correction prévu par votre logiciel et votre cadre comptable afin de conserver la chronologie et la trace de l’original.
La mention « TVA non applicable » suffit-elle pour un micro-entrepreneur ?
Elle concerne la franchise en base de TVA, pas automatiquement chaque micro-entreprise. Vérifiez votre régime réel et utilisez la formulation officielle applicable.
Faut-il détailler la main-d’œuvre et les fournitures ?
Le niveau de détail dépend du cadre et de la prestation. Dans tous les cas, le client doit pouvoir comprendre les éléments facturés et les rapprocher de ce qui a été convenu.
Un PDF envoyé par e-mail est-il une facture électronique ?
Pas au sens de la réforme. La facture électronique comporte des données structurées et passe par une plateforme agréée ; pour une PME ou une micro-entreprise, l’émission sous cette forme devient obligatoire le 1er septembre 2027.
Combien de temps conserver les factures ?
Les factures sont des pièces comptables à conserver dix ans. Organisez également la conservation des justificatifs et des versions associées.
En résumé
Une facture conforme repose sur sept blocs : chronologie, identité, détail, calcul, TVA, paiement et mentions particulières. Contrôlez d’abord la situation réelle, puis le modèle. Préparez enfin les quatre mentions exigées des PME et micro-entreprises en septembre 2027, en gardant en tête que la facture électronique, que vous devez déjà pouvoir recevoir, n’est pas un simple PDF envoyé par e-mail.
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