Facturation et paiement

Facture acquittée : comment attester un paiement sans faire d’erreur

· Par l’équipe Rappli · 12 min de lecture

Une facture acquittée est une facture sur laquelle le fournisseur atteste, par une mention datée, que la somme due a bien été payée. Ce n’est pas une mention obligatoire : c’est une pratique d’usage, réclamée par un client, une banque, une assurance ou un organisme financeur qui veut la preuve d’une dépense réglée. Ajoutez-la seulement après avoir vérifié l’encaissement réel : elle ne remplace pas les autres preuves de paiement.

La réponse courte : attendez que le règlement soit réellement crédité et non seulement annoncé. Ajoutez ensuite « facture acquittée le [date] », le mode de règlement et, si nécessaire, la référence du paiement, puis signez ou authentifiez le document selon votre procédure. Conservez la facture d’origine, la version acquittée et la preuve bancaire. En cas de paiement partiel, indiquez le montant encaissé et le solde restant au lieu de déclarer toute la facture acquittée.

1. Facture, facture acquittée et reçu : trois fonctions différentes

La facture décrit une vente ou une prestation, son prix, la TVA éventuelle, les parties et les conditions de paiement. Elle constate une créance à payer ou déjà payée selon le moment d’émission. La mention « acquittée » ajoute une information : le fournisseur reconnaît avoir reçu le règlement correspondant.

Cette mention n’est pas imposée de manière générale. Elle ne figure pas dans la liste officielle des mentions obligatoires d’une facture : aucune facture n’est donc irrégulière parce qu’elle n’est pas acquittée. Elle devient nécessaire lorsqu’un client ou un organisme la réclame comme justificatif, avec ses propres exigences de forme.

Un reçu atteste qu’une somme a été remise. Un relevé bancaire montre un mouvement sur un compte, sans toujours dire à quoi il correspond. Le service public rappelle qu’une facture émise après le paiement peut aussi s’appeler « quittance ». Ces documents se complètent, mais un organisme peut exiger l’un plutôt que l’autre.

La facture acquittée est particulièrement utile lorsque le client doit démontrer qu’une dépense a été effectivement réglée : demande de subvention, remboursement, dossier d’assurance, financement ou comptabilité. L’organisme destinataire peut imposer son propre niveau de preuve : cachet, signature, relevé bancaire, attestation d’un tiers qualifié ou rapprochement avec une référence précise.

2. Quand peut-on marquer une facture acquittée ?

Après encaissement effectif de la totalité de la somme visée. Pour un virement, vérifiez le crédit sur le compte et la référence ; une capture d’écran envoyée par le client ne suffit pas. Pour un chèque, l’inscription sur le compte peut encore être suivie d’un rejet. Définissez donc à quel moment votre entreprise considère le règlement comme sécurisé.

Pour une carte ou un lien de paiement, distinguez autorisation, capture, versement par le prestataire et éventuelle contestation. Vous pouvez indiquer la date de paiement correspondant à la transaction, tout en conservant les rapports du prestataire et le rapprochement bancaire. Notre guide pour choisir un terminal de paiement et rapprocher ses versements détaille ce contrôle.

Pour des espèces, remettez immédiatement une trace conforme à votre activité et enregistrez l’encaissement dans votre caisse ou, si vous êtes micro-entrepreneur, dans votre livre des recettes, qui note aussi le mode de règlement. Si le client demande ensuite une facture acquittée, vous devez pouvoir rattacher le document à cette opération.

Une facture n’a pas besoin d’attendre l’acquittement pour être émise. Au contraire, elle est souvent créée avant paiement avec une échéance. La version acquittée est alors une copie ou une nouvelle édition du même document enrichie d’une attestation ; elle ne doit pas recevoir un nouveau numéro comme s’il s’agissait d’une deuxième vente.

3. Quelles mentions ajouter ?

Il n’existe pas une phrase unique adaptée à tous les dossiers, mais une facture acquittée doit permettre d’identifier sans ambiguïté la facture, le paiement et l’émetteur. Utilisez au minimum :

  • la mention « Facture acquittée » ou « Acquittée le… » ;
  • la date effective du paiement ;
  • le montant acquitté, surtout si plusieurs devises ou versements existent ;
  • le mode de règlement : virement, carte, chèque, espèces ou autre ;
  • une référence de transaction lorsque cela facilite le rapprochement ;
  • l’identité ou l’authentification du fournisseur selon le support demandé.

Le cachet d’entreprise n’est pas une obligation générale universelle, mais certains organismes le demandent dans leurs justificatifs. Lisez les critères du destinataire avant d’émettre le document. Une signature électronique ou une validation générée par votre logiciel peut être pertinente si elle garantit l’origine et l’intégrité.

La mention d’acquittement ne corrige pas une facture incomplète. Contrôlez d’abord les mentions obligatoires de la facture, le numéro, les montants et la TVA. Si une donnée commerciale est fausse, utilisez une procédure de correction plutôt que de certifier une pièce erronée.

SituationMention possibleContrôle
Paiement total uniqueFacture acquittée le 01/08/2026 par virementMontant exact crédité
Deux versementsAcquittée en totalité le 01/08/2026 — paiements des 15/07 et 01/08Total des deux paiements
Paiement partiel500 € encaissés le 01/08/2026 — solde restant : 300 €Ne pas écrire « acquittée en totalité »
CarteAcquittée le 01/08/2026 par carte — réf. interne XRapprochement prestataire
EspècesAcquittée le 01/08/2026 en espècesCaisse et reçu cohérents

4. Quelle preuve conserver avec la facture ?

Gardez la trace du paiement indépendante de la facture : relevé bancaire, remise de chèque, ticket de terminal, rapport du prestataire de paiement, reçu signé ou journal de caisse. Cette séparation permet de démontrer pourquoi et quand vous avez apposé la mention.

Le libellé seul d’un virement peut être insuffisant si plusieurs factures portent le même montant. Demandez au client de reprendre le numéro de facture ou utilisez une référence structurée. Lors du rapprochement, associez le paiement à la fiche client et au document concerné.

Les pièces comptables et factures doivent être conservées pendant les durées applicables. Organisez-les avec une convention stable : année, client, numéro, statut, paiement. Le guide sur la durée de conservation des documents détaille les repères et la nécessité de préserver leur lisibilité.

Ne diffusez pas un relevé bancaire complet pour prouver un seul paiement. Masquez les opérations non pertinentes si un tiers demande une preuve, ou fournissez une attestation mieux ciblée. Protégez aussi les données de carte et les identifiants de transaction.

5. Paiement partiel, acompte, avoir : les cas à distinguer

Paiement partiel

Ne marquez pas la facture entière comme acquittée. Indiquez le montant reçu, la date, le mode de paiement et le solde restant. Votre outil doit conserver le statut « partiellement payée » jusqu’au dernier règlement. Si le solde n’arrive pas à l’échéance, il devient un impayé : suivez alors la méthode de relance et de mise en demeure d’une facture impayée.

Acompte

L’acompte peut faire l’objet d’une facture spécifique selon les règles applicables. Lorsque cette facture d’acompte est payée, elle peut être acquittée indépendamment de la facture finale. Consultez le guide sur la facture d’acompte pour éviter de présenter le projet entier comme déjà réglé.

Avoir après paiement

Si une réduction, une annulation ou un remboursement intervient après paiement, la facture acquittée reste une trace historique du règlement reçu. Émettez l’avoir ou la facture rectificative nécessaire, en suivant notre guide pour choisir entre avoir et facture rectificative, puis tracez le remboursement. Ne modifiez pas silencieusement le document acquitté.

Paiement de plusieurs factures

Répartissez le règlement selon l’indication du client ou une règle documentée. Une seule somme peut acquitter plusieurs factures, mais chacune doit être rapprochée individuellement. En cas d’écart, ne choisissez pas arbitrairement la facture « soldée ».

Paiement contesté ou annulé

Une transaction carte peut être contestée et un chèque rejeté. Si vous aviez déjà transmis une facture acquittée, informez le client et l’organisme concerné, restaurez le statut réel dans votre suivi et conservez la trace de l’incident. Ne supprimez pas l’ancienne version.

Facture électronique : le statut « Encaissée »

Avec la réforme de la facturation électronique, chaque facture échangée par une plateforme agréée suit un cycle de vie fait de statuts. D’après la DGFiP, quatre statuts doivent être renseignés et transmis à l’administration, dont « Encaissée », qui porte la date et le montant du paiement.

Ce statut ne vise que les opérations dont la TVA est exigible à l’encaissement, par exemple les prestations de services, hors option pour le paiement de la TVA d’après les débits et hors autoliquidation. Une PME ou une micro-entreprise le renseignera pour celles de ses factures qui entrent dans ce champ, émises en électronique à partir du 1er septembre 2027. Il sert au suivi fiscal et ne remplace pas la facture acquittée qu’un client ou un financeur vous demande.

6. Un processus fiable en six étapes

  1. Importez les mouvements : banque, terminal, espèces et plateformes.
  2. Identifiez le payeur : ne vous fiez pas uniquement au nom affiché.
  3. Rapprochez la facture : numéro, montant, date et référence.
  4. Traitez les écarts : frais, trop-perçu, paiement partiel ou double.
  5. Passez le statut : payée uniquement lorsque le total est atteint.
  6. Émettez la preuve : version acquittée à la demande ou automatiquement selon votre organisation.

Séparez la personne qui enregistre le paiement de celle qui peut modifier les factures si votre équipe le permet. À défaut, conservez un journal des changements. Une facture acquittée générée automatiquement avant rapprochement peut créer des attestations erronées à grande échelle.

Alignez ce processus avec vos conditions de paiement et les moyens acceptés. Le client doit savoir comment payer et quelle preuve il recevra.

7. Modèle de mention prêt à adapter

Facture acquittée en totalité le [date] par [mode de règlement]. Référence du paiement : [référence utile]. Montant encaissé : [montant et devise]. Attestation émise par [nom de l’entreprise / identité du professionnel].

Pour un paiement partiel :

Paiement de [montant] reçu le [date] par [mode]. Solde restant dû au [date d’édition] : [montant]. Cette facture n’est pas acquittée en totalité.

Exemple, pour une facture n° F-2026-145 de 960,00 € TTC réglée par virement : « Facture acquittée en totalité le 12 septembre 2026 par virement. Référence du paiement : F-2026-145. Montant encaissé : 960,00 € TTC. Attestation émise par Martin Plomberie, Luc Martin, gérant. » Le numéro, la date d’émission et les montants de la facture restent ceux d’origine.

Adaptez le modèle au logiciel, au régime de TVA, aux demandes du destinataire et à votre signature. Ne placez jamais un faux cachet ou une signature copiée sans contrôle d’accès.

8. Les erreurs à éviter

  • acquitter dès que le client dit avoir payé ;
  • confondre facture envoyée et facture réglée ;
  • certifier le total après un paiement partiel ;
  • changer le numéro ou la date de la facture d’origine ;
  • écraser une ancienne version sans historique ;
  • omettre la date ou le mode de règlement ;
  • transmettre un relevé bancaire contenant d’autres opérations ;
  • ignorer un remboursement ou un rejet postérieur ;
  • laisser n’importe quel utilisateur acquitter une facture ;
  • croire que la mention remplace toutes les pièces demandées par un financeur.

Sources officielles : Service Public Entreprendre — mentions obligatoires d’une facture (fiche vérifiée le 11 août 2026) ; Service Public Entreprendre — tout savoir sur la facturation, dont la quittance émise après paiement (fiche vérifiée le 7 août 2026) ; DGFiP — fiche « l’émission de factures électroniques » et statuts obligatoires (version de septembre 2025) ; DGFiP — données de paiement à transmettre et statut « encaissée » (mise à jour d’août 2026) ; Ministère de l’Économie — mentions obligatoires d’une facture. Fiches Service Public et documents DGFiP consultés le 29 septembre 2026 ; page du ministère consultée le 1er août 2026. Les exigences d’un financeur ou d’un secteur peuvent être plus précises : lisez toujours la liste des pièces demandées.

Questions fréquentes

La facture acquittée est-elle obligatoire ?

Non, pas de manière générale : « acquittée » ne fait pas partie des mentions obligatoires d’une facture. Vous l’ajoutez quand un client ou un organisme la demande comme preuve de paiement, en respectant ses exigences. Vos obligations de facturer et de conserver les factures restent inchangées.

Qui doit signer la facture acquittée ?

Le fournisseur atteste l’encaissement. La forme de l’authentification dépend du support et des exigences du destinataire : signature, cachet demandé, validation logicielle ou autre preuve.

Un relevé bancaire suffit-il ?

Il prouve un mouvement, mais pas toujours son objet. Associez-le à la facture et à une référence. Certains dossiers acceptent le relevé comme preuve équivalente, d’autres demandent une facture certifiée.

Peut-on acquitter une facture partiellement payée ?

Vous pouvez attester le montant reçu, mais ne présentez pas la facture comme acquittée en totalité. Indiquez clairement le solde.

Faut-il créer une nouvelle facture ?

Non pour la seule mention d’acquittement. Conservez le même numéro et la même opération, avec une version ou attestation traçable. Une correction commerciale relève d’un autre processus.

En résumé

La facture acquittée est une attestation de paiement, pas un raccourci comptable. Vérifiez l’encaissement, identifiez la facture, datez et décrivez le règlement, puis conservez la preuve indépendante. Pour un acompte, un paiement partiel, un rejet ou un remboursement, montrez le statut exact au lieu de forcer la mention « payée ».

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