Formalités d’entreprise

Fermer une micro-entreprise : démarches, calendrier et checklist

· Par l’équipe Rappli · 11 min de lecture

La fermeture volontaire d’une micro-entreprise produit plusieurs fins différentes : arrêt commercial, cessation administrative, dernière déclaration sociale, traitement fiscal, résiliation des contrats et archivage. Les effectuer dans le désordre expose aux prélèvements inutiles, aux courriers manqués ou à une déclaration oubliée. Choisissez d’abord la bonne date, sécurisez clients et encaissements, puis suivez une chronologie documentée.

La réponse courte : déclarez la cessation définitive sur le Guichet unique des formalités dans les 30 jours qui suivent l’arrêt de l’activité. Faites ensuite votre dernière déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf et payez les cotisations : dans les 30 jours en rythme mensuel, dans le mois qui suit le trimestre en rythme trimestriel. L’année suivante, reportez ce chiffre d’affaires sur la déclaration 2042-C-PRO. Si vous facturiez la TVA, déposez une déclaration CA12 dans les 60 jours. La CFE reste due pour l’année, avec un dégrèvement possible des mois sans activité.

Les démarches officielles pour fermer une micro-entreprise et leurs délais

Ce tableau reprend les obligations décrites par Service Public pour une fermeture volontaire. Les sections suivantes expliquent comment préparer chacune d’elles.

DémarcheOùDélaiÀ conserver
Déclarer la cessation définitiveGuichet des formalités des entreprises30 jours après l’arrêt de l’activitéAccusé de dépôt et preuve de radiation
Déclarer le dernier chiffre d’affaires et payer les cotisationsautoentrepreneur.urssaf.fr30 jours après la fermeture en mensuel ; mois qui suit le trimestre de fermeture en trimestrielJustificatif de déclaration et de paiement
Déclarer le chiffre d’affaires de l’année à l’impôtFormulaire 2042-C-PRO, espace particulier impots.gouv.frCampagne de déclaration des revenus de l’année suivanteDéclaration et avis d’imposition
Déclaration de TVA, si vous étiez redevableEspace professionnel impots.gouv.fr (CA12, formulaire 3517-S-SD)60 jours après la cessationAccusé de dépôt
CFE de l’année de cessationService des impôts des entreprisesAprès réception de l’avis : demande de dégrèvement des mois sans activitéRéclamation et réponse

1. Vérifiez que vous voulez une cessation définitive

Une période sans chiffre d’affaires ne ferme pas automatiquement la micro-entreprise. Vous continuez alors à effectuer les déclarations requises, même à zéro, et certaines obligations subsistent. Une cessation temporaire maintient l’entreprise immatriculée pendant un an au plus, deux ans pour une activité commerciale. Une cessation définitive met fin à l’activité et entraîne la radiation de l’entreprise du Registre national des entreprises, et du registre du commerce pour une activité commerciale.

Attention toutefois à l’inactivité prolongée : un micro-entrepreneur qui déclare un chiffre d’affaires nul, ou ne déclare rien, pendant deux années civiles consécutives ou huit trimestres peut être radié d’office. L’Urssaf le prévient d’abord et il dispose d’un mois pour prouver qu’il poursuit son activité. Cette radiation n’est pas une fermeture organisée : mieux vaut décider soi-même.

Écrivez la raison : retraite, reprise salariale, activité non rentable, nouvelle société, déménagement, santé ou projet temporaire. Si vous prévoyez de reprendre exactement la même activité rapidement, comparez les coûts et contraintes d’une pause avec ceux d’une fermeture et d’une future création.

Ne choisissez pas la mise en sommeil uniquement pour éviter une décision. Elle maintient des déclarations, des coûts et une échéance. Le guide sur la cessation temporaire et la mise en sommeil présente les cas où cette solution est réellement adaptée.

2. Fixez la date après avoir cartographié les engagements

Listez les prestations en cours, garanties, devis acceptés, acomptes, abonnements, stocks, locations, créances et litiges. La date de cessation doit permettre d’honorer ou de transférer les engagements. Arrêter de vendre ne supprime pas les obligations nées avant la fermeture.

Établissez un calendrier à rebours : dernière nouvelle commande, dernière intervention, facturation, encaissement, restitution du matériel, résiliation et déclaration. Informez les clients concernés avec une solution concrète. Évitez une annonce générale avant d’avoir organisé les dossiers sensibles.

Si vous transformez l’activité en société, ne supposez pas que les contrats, devis ou comptes se déplacent automatiquement. Déterminez quelle entité exécute chaque prestation et faites valider les transferts nécessaires.

MomentDécisionPreuve
Avant la dateClôturer ou transférer les engagementsAccords, factures, inventaire
Date de cessationArrêter l’activité déclaréeJournal et pièces datées
Après la dateDéclarer et régulariserAccusés et avis
Après validationRésilier et archiverConfirmations de clôture

3. Clôturez chaque dossier sans perdre les sommes dues

Pour chaque client, indiquez l’état du travail, les livrables, le montant facturé, le solde, les garanties et le contact futur. Émettez les factures correspondant aux prestations réalisées. Une facture peut rester encaissable après la cessation, mais elle doit être rattachée correctement à une opération antérieure.

Relancez les créances sans attendre la fermeture, avec la méthode décrite dans le guide facture impayée : relances et mise en demeure. Conservez les coordonnées et échanges dans le respect des durées utiles et du RGPD. Si un client a versé un acompte pour une prestation non exécutée, organisez l’exécution, la reprise autorisée ou le remboursement selon le contrat.

Informez les fournisseurs et restituez le matériel loué. Faites un inventaire photographié des stocks et biens. Ne vendez pas les actifs professionnels sans vérifier le traitement comptable et fiscal applicable.

4. Déclarez la cessation sur le Guichet unique

La cessation définitive de la micro-entreprise se déclare en ligne sur le Guichet des formalités des entreprises, dans les trente jours qui suivent l’arrêt de l’activité, selon Service Public. Une pièce d’identité suffit en principe. Cette déclaration entraîne automatiquement la radiation du Registre national des entreprises, et du registre du commerce et des sociétés pour une activité commerciale.

Préparez le Siren, la date exacte, l’identité, les établissements et les pièces demandées. Choisissez une cessation définitive, pas une modification ou une cessation temporaire. Relisez le récapitulatif avant la signature.

Conservez l’accusé de dépôt, suivez l’instruction et répondez aux demandes de régularisation. Téléchargez la preuve de cessation et contrôlez l’Annuaire des entreprises. Une absence d’affichage immédiat ne justifie pas un second dépôt en doublon.

5. Déclarez le dernier chiffre d’affaires à l’Urssaf

La cessation administrative ne remplace pas la dernière déclaration de chiffre d’affaires, à faire sur autoentrepreneur.urssaf.fr. En rythme mensuel, elle intervient dans les 30 jours qui suivent la fermeture définitive ; en rythme trimestriel, dans le mois qui suit le trimestre civil de la fermeture. Les cotisations se paient avec cette déclaration, et un trop-versé est remboursé dans les 30 jours. Le guide de la déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf rappelle ce qu’il faut déclarer.

Ne confondez pas facture émise et encaissement lorsque votre régime repose sur les recettes encaissées. Suivez les paiements reçus après la date pour des prestations antérieures et demandez comment les déclarer si votre situation est particulière.

Téléchargez les déclarations et attestations avant de fermer l’accès ou de changer d’adresse électronique. Vérifiez le solde, les prélèvements et les éventuelles régularisations. Ne résiliez pas le compte bancaire tant que les derniers flux ne sont pas identifiés.

6. Traitez la déclaration fiscale, la TVA et la CFE séparément

Pour l’impôt sur le revenu, aucun délai spécial ne s’applique : lors de la campagne de déclaration de l’année suivante, reportez sur la 2042-C-PRO le chiffre d’affaires encaissé du 1er janvier à la date de cessation, que vous ayez ou non opté pour le versement libératoire. Si vous étiez redevable de la TVA, déposez une déclaration CA12 (formulaire 3517-S-SD) en ligne dans les 60 jours qui suivent la cessation, et traitez les immobilisations, stocks ou crédits selon les règles applicables.

La cotisation foncière des entreprises reste due pour toute l’année si vous exerciez au 1er janvier. Après réception de l’avis, vous pouvez demander au service des impôts des entreprises un dégrèvement pour les mois sans activité, par la messagerie sécurisée ou par courrier, avec la preuve de cessation. Le guide de la CFE du micro-entrepreneur rappelle aussi l’exonération sous 5 000 € de chiffre d’affaires.

Ne recopiez pas un calendrier ancien : la fiscalité dépend de l’année, du régime, de la TVA et de la nature des opérations. Faites vérifier les plus-values, stocks, biens conservés et passage vers une société par un professionnel si les montants sont significatifs.

7. Résiliez les contrats dans un ordre sécurisé

Classez les contrats en quatre groupes : indispensables jusqu’au dernier encaissement, liés aux garanties, exportables, et résiliables immédiatement. Commencez par récupérer les données, puis résiliez. Une suppression de logiciel avant l’export peut effacer factures, pièces ou historique.

Traitez assurance, banque, terminal de paiement, téléphone, domaine, hébergement, logiciels, véhicule, local, énergie, médiation, adhésions et publicité. Demandez une confirmation écrite et vérifiez les préavis. Conservez une adresse e-mail surveillée pendant la période de clôture. Côté téléphone, mettez à jour votre message d’accueil pour annoncer la fermeture et indiquer un contact pour les garanties, puis désactivez les renvois d’appel avant de résilier le service qui les reçoit.

Pour une plateforme contenant des données clients, définissez ce qui doit être conservé pour une obligation et ce qui doit être supprimé. Les durées ne sont pas toutes identiques. Le guide protéger les données clients d’une TPE aide à construire cette décision.

8. Archivez comme si vous deviez expliquer la fermeture dans trois ans

Créez un dossier avec déclaration de cessation, accusés, registres, dernières déclarations, avis fiscaux, factures, relevés, contrats, résiliations, inventaire et correspondances importantes. Utilisez deux supports sécurisés, dont un distinct de l’ordinateur principal. Le tableau de la durée de conservation des documents d’entreprise indique combien de temps garder chaque pièce.

Écrivez une note de clôture : date, raison, dossiers en garantie, créances restantes, obligations futures et accès nécessaires. Elle évite de reconstituer l’histoire plus tard. Vérifiez périodiquement les paiements et courriers jusqu’à extinction.

Si vous envisagez une nouvelle forme, comparez au préalable micro-entreprise et entreprise individuelle ainsi que entreprise individuelle et société. Une transformation se prépare avant la fermeture pour éviter une rupture contractuelle : les étapes et les coûts sont décrits dans le guide pour passer de la micro-entreprise à une société.

Sources officielles : Service Public Entreprendre — cessation d’activité du micro-entrepreneur : délais Urssaf, 2042-C-PRO, TVA et CFE (page vérifiée le 9 décembre 2025) ; Service Public Entreprendre — cessation temporaire et radiation d’office du micro-entrepreneur (page vérifiée le 7 novembre 2025) ; Service Public Entreprendre — Guichet des formalités ; Impots.gouv.fr — cessation d’activité professionnelle. Consultées le 29 septembre 2026. Les délais fiscaux et sociaux varient selon la situation ; vérifiez votre espace et les instructions de l’année.

Questions fréquentes

Une micro-entreprise sans chiffre d’affaires est-elle automatiquement fermée ?

Pas immédiatement. Vous devez continuer à déclarer, même à zéro. Après deux années civiles consécutives sans chiffre d’affaires ou sans déclaration, l’Urssaf peut toutefois engager une radiation d’office, après vous avoir prévenu. Pour arrêter, déclarez vous-même la cessation.

Où déclarer la fermeture ?

Sur le Guichet unique des formalités des entreprises, en sélectionnant la cessation définitive de l’entreprise.

Peut-on encaisser une facture après la cessation ?

Des créances liées à des prestations antérieures peuvent subsister. Suivez leur encaissement et demandez comment les déclarer selon votre régime.

La CFE est-elle due pour toute l’année ?

Oui, si vous exerciez au 1er janvier. Une fois l’avis reçu, vous pouvez demander au service des impôts des entreprises un dégrèvement pour les mois qui suivent la cessation.

Combien de temps conserver les documents ?

La durée dépend du document et de l’obligation. Établissez un tableau de conservation plutôt que de supprimer tout à la fermeture.

En résumé

Choisissez une date cohérente avec vos engagements, sécurisez créances et clients, puis déclarez la cessation sur le Guichet unique. Réalisez séparément les dernières obligations sociales et fiscales, exportez les données avant de résilier et conservez un dossier de clôture complet.

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