SMS et prospection

SMS marketing en TPE : règles, exemples et checklist

· Par l’équipe Rappli · 13 min de lecture

Envoyer un SMS marketing en TPE suppose trois vérifications avant le premier envoi : ce que dit le message (promotion ou simple service), à qui il s’adresse (particulier, client ou professionnel) et votre secteur, car certains métiers ne peuvent plus prospecter des particuliers par SMS. Viennent ensuite la preuve du consentement, un texte identifié, une opposition gratuite qui fonctionne vraiment et une mesure qui va jusqu’à la vente. Ce guide détaille ces étapes pour le seul canal SMS, avec des exemples et une checklist.

La réponse courte : pour un particulier, la prospection par SMS exige en principe un consentement préalable, sauf exception encadrée pour un client et des services analogues. Pour un professionnel, l’intérêt légitime peut suffire si le message est en rapport avec sa profession. Dans la rénovation énergétique, les énergies renouvelables et l’adaptation du logement, prospecter des consommateurs par SMS est interdit depuis le 2 juillet 2025, sauf contrat en cours. Dans tous les cas, identifiez l’entreprise, offrez un moyen gratuit de ne plus recevoir de messages, tenez une liste repoussoir et ne confondez pas promotion et message de service.

1. Qualifiez la finalité avant de choisir la règle

Un SMS de prospection vise à promouvoir directement ou indirectement un produit, un service ou l’image d’une entreprise. Une confirmation de rendez-vous nécessaire au service est transactionnelle. Un conseil d’usage adressé à un client peut être relationnel s’il n’a pas de finalité promotionnelle. Dès qu’un message ajoute une offre ou une incitation commerciale, il peut relever de la prospection.

Écrivez la finalité en une phrase et gardez-la avec la campagne. « Informer du rendez-vous demandé » n’est pas « promouvoir notre nouvelle formule ». N’ajoutez pas une promotion dans un rappel transactionnel pour éviter les règles de prospection : le contenu réel compte davantage que le nom interne du scénario. Pour les messages de service eux-mêmes, les modèles d’accusé de réception par SMS et e-mail montrent comment rester purement informatif.

Un SMS envoyé après un appel manqué n’est pas une campagne. Rappli, par exemple, n’envoie un SMS qu’à la personne qui vient de vous appeler, si son numéro et vos réglages le permettent. En « SMS avec formulaire », le texte suit un modèle fixe qui l’invite à préciser sa demande. En « SMS personnalisé », c’est vous qui le rédigez : restez sur l’information liée à l’appel (horaires, adresse, lien de réservation) et n’y glissez pas une promotion sans l’analyser comme une prospection. Ne réutilisez pas non plus le numéro de l’appelant dans une campagne sans base légale.

La frontière entre ce SMS de service et une prospection est détaillée dans notre guide du SMS après un appel manqué et de ses règles.

2. Distinguez particulier, client existant et professionnel

Pour une personne physique prospectée en tant que particulier, le principe de l’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques est le consentement préalable. Ce consentement doit être libre, spécifique et informé. Une case précochée, une clause noyée dans des conditions générales ou la simple participation à un jeu ne suffit pas.

Une exception peut concerner un client lorsque ses coordonnées ont été recueillies à l’occasion d’une vente ou prestation et que la prospection porte sur des produits ou services analogues fournis par la même entreprise. La personne doit être informée et pouvoir s’opposer facilement lors de la collecte et de chaque envoi. Une demande d’information ou la création d’un compte sans achat ne doit pas être automatiquement assimilée à cette exception.

Pour un professionnel, la prospection électronique peut reposer sur l’intérêt légitime lorsque l’objet est en rapport avec sa profession. L’identité, l’information et l’opposition restent nécessaires. Un numéro mobile professionnel peut appartenir à une personne physique : ne supposez pas que tout usage est permis parce que l’entreprise est visible en ligne.

CasBase à examinerExigence commune
Particulier prospectConsentement préalableIdentité et opposition
Client particulierException possible pour services analoguesInformation et opposition
ProfessionnelIntérêt légitime possible si pertinentInformation et opposition
Message de serviceNécessité liée au servicePas de promotion cachée

Ne confondez pas ces règles avec celles des appels. Depuis le 11 août 2026, démarcher un consommateur par téléphone exige son consentement préalable, sauf appel lié à un contrat en cours (article L223-1 du Code de la consommation), et Bloctel a cessé d’exister. Ce texte vise les appels : pour le SMS, la règle de base reste l’article L34-5 du CPCE, qui imposait déjà le consentement des particuliers. Le guide de la prospection par e-mail et téléphone compare les deux régimes.

3. Rénovation énergétique et adaptation du logement : prospection par SMS interdite

Depuis le 2 juillet 2025, l’article L223-8 du Code de la consommation interdit aux professionnels de prospecter des consommateurs par message, par courrier électronique ou sur les réseaux sociaux pour des prestations, équipements ou travaux liés au logement qui visent des économies d’énergie, la production d’énergie renouvelable ou l’adaptation au vieillissement ou au handicap. Service Public cite le SMS parmi les canaux concernés. La seule exception prévue par le texte est l’exécution d’un contrat en cours.

Cette interdiction concerne directement de nombreux artisans : chauffagistes, installateurs de pompes à chaleur ou de panneaux solaires, entreprises d’isolation, menuisiers qui remplacent des fenêtres pour réduire la consommation d’énergie, ou entreprises qui adaptent une salle de bains à une personne âgée. En cas de doute sur le périmètre de votre activité, faites vérifier votre situation avant toute campagne vers des particuliers. Les messages adressés à vos clients dans le cadre d’un contrat en cours restent possibles s’ils portent sur ce contrat.

4. Conservez la source, le texte accepté et la date

Pour chaque numéro, enregistrez la source, la date, le contexte, le texte d’information affiché, l’action réalisée et la finalité acceptée. Une colonne « consentement = oui » sans preuve du parcours est fragile. Gardez aussi la version du formulaire ou du texte utilisé au moment de la collecte.

Si un prestataire ou partenaire fournit les numéros, vous restez responsable de vérifier que la transmission et l’usage sont compatibles avec l’information et le consentement recueillis. Demandez les éléments de preuve avant l’envoi, pas après une plainte. Écartez toute ligne dont la provenance ou le droit d’utilisation reste incertain.

Limitez les données au besoin de campagne et définissez une durée. Mettez à jour les numéros invalides, les changements de titulaire et les oppositions. Une base ancienne n’est pas automatiquement une base encore pertinente. La checklist données clients et RGPD pour TPE aide à fixer ces durées et les accès.

5. Écrivez un SMS identifié, compréhensible et honnête

Commencez par l’identité lorsque le nom d’expéditeur ne suffit pas. Donnez une proposition claire, une échéance réelle si elle existe et une action unique. Évitez les URL opaques, les majuscules agressives, la fausse urgence et les promesses absolues. La personne doit comprendre l’offre avant de cliquer. Adaptez le mécanisme d’opposition à votre prestataire et décrivez-le correctement : n’écrivez pas « STOP » si le numéro d’envoi ne permet pas de le traiter.

Surveillez la longueur. Selon la documentation technique de Twilio, un SMS encodé en GSM-7 contient jusqu’à 160 caractères, contre 70 en Unicode (UCS-2) ; dans un message en plusieurs parties, chaque segment n’en contient plus que 153 ou 67. Un seul caractère absent de l’alphabet GSM, comme un émoji, fait passer tout le message en Unicode et peut multiplier le nombre de SMS facturés. Demandez le découpage à votre prestataire, testez l’affichage sur plusieurs téléphones et raccourcissez sans supprimer l’identité ni l’opposition.

6. Quatre exemples de SMS, dont un à éviter

Les textes ci-dessous sont des exemples fictifs. Remplacez l’identité, le lien et le mode d’opposition par ceux de votre entreprise et de votre prestataire.

SituationExemple de texteCe qu’il faut vérifier
Client existant, service analogue« Atelier Martin : votre vélo a été révisé il y a un an. Révision de printemps jusqu’au 15 avril, réservation : [lien]. Pour ne plus recevoir nos SMS : [mode d’opposition]. »Un achat antérieur, un service analogue, une information et une opposition données dès la collecte
Professionnel (B2B)« Boulangerie Durand : pain et viennoiseries livrés chaque matin à votre restaurant, tarifs professionnels : [lien]. Opposition : [mode d’opposition]. »Une offre en rapport avec le métier du destinataire (ici, un restaurateur qui sert du pain), l’identité et l’opposition
Message de service« Rappel : intervention demain entre 9 h et 11 h au 12 rue des Lilas. Pour décaler : [lien]. »Aucune offre ajoutée ; sinon, le message relève de la prospection
À éviter« URGENT !!! -50 % sur tout, dernier jour, cliquez vite [lien raccourci] »Ni identité, ni opposition, une fausse urgence et un lien opaque ; envoyé à un particulier sans consentement, il est illicite quel que soit son texte

Une réduction annoncée par SMS doit aussi respecter les règles des promotions et prix barrés : prix de référence, dates et produits concernés.

7. Rendez l’opposition simple, gratuite et durable

Chaque sollicitation doit permettre au destinataire de connaître l’émetteur et de demander facilement l’arrêt des messages. La CNIL précise que la réponse « STOP » ne fonctionne que pour les numéros expéditeurs à cinq chiffres commençant par 3, 4, 5, 6, 7 ou 8. Pour un numéro long ou un expéditeur alphanumérique, utilisez la procédure proposée par votre prestataire et testez-la réellement. Les destinataires peuvent aussi signaler un SMS indésirable au 33700.

Traitez les oppositions immédiatement dans une liste repoussoir. Stockez le minimum nécessaire pour ne pas recontacter la personne, avec la date et le périmètre. Ne réimportez pas le numéro depuis un CRM, un événement ou un partenaire sans vérifier la liste.

Une demande envoyée par un autre canal doit aussi être prise en compte. Si une personne écrit par email « ne m’envoyez plus de SMS », ne lui imposez pas de répondre STOP. Formez les personnes qui reçoivent ces demandes et vérifiez leur traitement.

8. Préparez un test contrôlé avant toute campagne

Commencez par un petit segment dont la source et la pertinence sont claires. Vérifiez l’identité de l’expéditeur, le rendu, le lien, la page d’arrivée, la mesure, l’opposition, les réponses et les erreurs de livraison. Faites un test sur iPhone et Android, avec plusieurs opérateurs si le volume le justifie.

Choisissez un horaire compatible avec l’attente du destinataire, la nature de l’offre et les règles de votre prestataire. Les jours et horaires fixés pour le démarchage téléphonique (du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h) visent les appels, mais ils restent un bon repère : un SMS commercial reçu la nuit ou le dimanche dégrade la confiance. Prévoyez aussi une personne disponible si le SMS demande de répondre ou d’appeler.

Évitez les doublons en définissant une clé de campagne et une règle d’exclusion. Un même numéro peut apparaître dans plusieurs segments. Dédupliquez après normalisation, appliquez la liste repoussoir en dernier contrôle et conservez le journal des envois.

9. Mesurez le parcours complet, pas seulement les clics

Utilisez un lien de campagne identifiable et une page adaptée au mobile ; la méthode pour suivre l’origine des demandes avec les UTM évite les paramètres incohérents. Suivez livrés, échecs, clics uniques, réponses, demandes, conversions et oppositions. Le taux de clic se calcule sur les messages livrés lorsque cette donnée est fiable ; documentez toujours le dénominateur.

Attribuez la conversion sur une période cohérente avec l’offre. Un clic aujourd’hui et un appel demain peuvent appartenir à la même campagne, mais une vente plusieurs mois plus tard nécessite une lecture prudente. Ne réclamez pas une précision que vos données ne permettent pas.

Comparez marge générée et coût complet : envoi, outil, création, remise, traitement des réponses et désabonnements. Le guide pour calculer le coût d’acquisition fournit une méthode commune aux canaux.

10. Checklist avant de cliquer sur envoyer

  • La finalité promotionnelle, transactionnelle ou relationnelle est qualifiée.
  • La base légale et les règles B2C ou B2B sont documentées.
  • L’activité promue n’entre pas dans les secteurs où la prospection par SMS est interdite.
  • Source, date, information et preuve sont disponibles.
  • Les oppositions et numéros invalides sont exclus.
  • L’entreprise est identifiable et l’offre compréhensible.
  • Le moyen d’opposition fonctionne réellement.
  • La longueur et l’encodage du texte sont contrôlés.
  • Le lien, la page mobile et les paramètres de mesure sont testés.
  • Le volume est dédupliqué et le budget par segment validé.
  • Une personne peut traiter les réponses et demandes.
  • Les résultats et incidents seront conservés pour la revue.

Relisez enfin le guide général sur la prospection commerciale par canal : le présent article approfondit le SMS sans créer de règle différente pour les mêmes destinataires. Pour choisir le prestataire d’envoi, consultez le comparatif des outils de SMS marketing. Et si votre objectif est surtout d’être recommandé par vos anciens clients, la méthode du bouche-à-oreille et du parrainage est souvent plus adaptée qu’un envoi groupé.

Sources officielles : CNIL — prospection commerciale par courrier électronique, SMS-MMS et automate d’appel ; CNIL — ne plus recevoir de SMS publicitaires ; Légifrance — article L223-8 du Code de la consommation ; Légifrance — article L223-1 du Code de la consommation ; Service Public — démarchage téléphonique, nouvelles règles du 11 août 2026 ; Twilio — longueur des SMS selon l’encodage, consultées le 29 septembre 2026 ; Légifrance — article L34-5 du CPCE ; CNIL — liste repoussoir, consultées le 2 août 2026. Les règles et mécanismes techniques évoluent ; vérifiez votre campagne et votre prestataire avant l’envoi.

Questions fréquentes

Puis-je envoyer un SMS à tous mes clients ?

Pas automatiquement. L’exception client est encadrée, notamment par le caractère analogue des services et l’information avec opposition. Analysez chaque campagne.

Un chauffagiste peut-il prospecter des particuliers par SMS ?

Non pour des travaux d’économies d’énergie ou de production d’énergie renouvelable : l’article L223-8 du Code de la consommation l’interdit depuis le 2 juillet 2025, sauf dans le cadre d’un contrat en cours.

Le mot STOP doit-il toujours apparaître ?

Le destinataire doit disposer d’un moyen simple et gratuit d’opposition. Le mécanisme exact dépend du dispositif d’envoi ; n’affichez STOP que s’il fonctionne réellement.

Une adresse ou un numéro professionnel publié en ligne peut-il être utilisé ?

Sa publication n’autorise pas tout usage. Pour un professionnel, la sollicitation doit notamment être pertinente pour son activité et respecter information et opposition.

Quelle différence avec un SMS transactionnel ?

Le transactionnel est nécessaire au service demandé ou au contrat. Ajouter une offre peut faire basculer le message vers la prospection et ses règles.

En résumé

Une campagne SMS fiable commence par qualifier le message, le destinataire et votre secteur : la rénovation énergétique et l’adaptation du logement ne peuvent plus prospecter des particuliers par SMS. Conservez ensuite la preuve du consentement, identifiez l’entreprise, rendez l’opposition simple, contrôlez la longueur du texte et testez le parcours complet. Mesurez enfin les ventes et la marge, sans confondre promotion et message de service.

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